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Morgane Tresch « Zénith, un grand enfant avec beaucoup de personnalité ! »

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Que serait un cavalier sans son ou sa groom ? Indispensable en concours, cette profession évolue dans l’ombre, à l’abri des regards pour permettre au cheval et à son cavalier d’exprimer le meilleur d’eux-même une fois en piste. A nouveau, nous mettons en avant l’une des grooms du circuit et non des moindres puisqu’il s’agit de Morgane Tresch, groom de Jeroen Dubbeldam !

 Depuis quand êtes-vous groom chez Jeroen Dubbeldam et qu’avez-vous fait avant pour en arriver là ?

J’ai commencé chez Jeroen le premier juin 2017. Avant cela j’ai travaillé deux ans et demi au Haras de Zangersheide en Belgique pour Judy Ann Melchior et avant cela toujours en Belgique pendant un an avec Philippe Le Jeune.
J’ai fait mes études dans un lycée agricole avec formation BEPA puis BAC PRO ainsi que mon BPJEPS, mais je ne voulais pas enseigner à la sortie de la formation alors je me suis lancée en tant que cavalière maison mais la passion d’apprendre m’a poussée à aller vers le grooming et à voyager dans toute l’Europe. 

Pouvez-vous décrire une journée type de travail ? A la maison et en concours ?

Les journées aux écuries sont assez bien organisées. On commence le matin à 7h30 par nourrir puis mettre les chevaux au marcheur et nettoyer les boxes. On fait plusieurs lots au marcheur mais généralement à 9h tout est fini puis on prend le petit déjeuner tous ensemble. La plupart du temps, Jeroen essaye de monter tous ses chevaux le matin afin de pouvoir les mettre en prairies l’après-midi quand le temps le permet ou alors avoir du temps pour préparer le camion pour repartir en concours. Vers 16h on donne le foin puis vers 17h on nourrit et la journée se termine.

En concours le rythme peut être différent suivant les épreuves mais en général je commence à 7h par nettoyer les boxes, enlever les bandes, donner le foin puis nourrir. De ce fait je vais aussi prendre un petit déjeuner en même temps. Puis je vais marcher les chevaux en main et Jeroen vient les monter avant les épreuves. Mais à la maison comme en concours, on sait à quelle heure on commence mais on ne sait jamais vraiment à quelle heure on va finir !

Si vous deviez décrire Zenith à quelqu’un qui ne l’a jamais vu comment le feriez-vous ?

Si je devais décrire Zénith, je dirais que c’est un grand enfant avec beaucoup de personnalité.

Zenith

Pouvez-vous parler de son caractère ? Quand on le côtoie a-t-on vraiment l’impression qu’il est différent des autres chevaux qui n’ont pas le même palmarès ?

Je pense que sa personnalité fait son caractère… Ce n’est pas un cheval qui va donner sa confiance facilement mais une fois qu’il vous fait confiance, vous avez tout gagné ! Il a toujours ses petites habitudes quand on le prépare, il déteste quand on lui met la selle et surtout pour fixer la sangle. Pour mettre le filet, il fait toujours un pas en avant.

A force de le côtoyer, on peut sentir qu’il se sent le prince des écuries, et il a bien raison ! Ce ne sont pas tous les chevaux qui gagnent quatre médailles d’or en deux ans dont deux en individuel et deux en équipe !

Quel est votre cheval de cœur aux écuries ? Pourquoi ?

Ce serait mentir si je ne disais pas Zénith. C’est quand même la star des écuries avec De Sjiem, le cheval champion olympique de Jeroen à Sydney en 2000.

Comment est Jeroen en tant que « patron » ?

Jeroen en tant que patron est juste parfait !! C’est un bonheur de travailler avec lui, il est simple et à l’écoute, on peut discuter de beaucoup de choses autour des chevaux. Il aime ses chevaux et a un énorme respect pour eux, ce que j’adore ! Et malgré qu’il ait tout gagné, il reste un cavalier très humble !

Auriez-vous une astuce concernant les soins que vous souhaiteriez partager ?

Au niveau des soins, je dirais que la première chose à faire est de bien observer son cheval. Ils n’ont pas la parole alors un changement d’attitude peut nous aider. J’ai beaucoup appris avec ça et je continue à apprendre grâce à l’ancien groom de Jeroen qui est là depuis plus de vingt ans et qui connait toutes les astuces. Pour apprendre, rien de mieux que de pouvoir avoir la chance de travailler avec quelqu’un de la « vieille école ».

Pour finir je voudrais dire que ce n’est pas donné à tous de faire de sa passion son métier. Ce sont des journées qui peuvent être difficiles, on voit peu sa famille, on donne beaucoup de notre temps et la meilleure des récompenses est de voir son cheval et son cavalier gagner une épreuve !

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