Saut d'obstacles

JO Rio : Nick Skelton et Big Star, des rescapés en or !

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Dénouement de ces incroyables Jeux Olympiques avec la finale individuelle ce vendredi au stade de Deodoro, où trente-cinq cavaliers ont pu s’élancer pour aller chercher une médaille. Jeux Olympiques oblige, tous les scores ont été remis à zéro aujourd’hui, un format qui permet à tout le monde d’avoir sa chance et qui garde le suspens jusqu’au bout. Mais à la fin de ces deux manches d’un barrage à six, c’est le britannique Nick Skelton qui a décroché la médaille d’or, associé à son fidèle et excellent fils de Quick Star, Big Star. Une belle histoire pour ces deux-là, après un long chemin parcouru depuis le premier parcours de cet olympiade dimanche dernier. Retour sur une finale individuelle qui aura sacré un des couples désormais mythique de l’histoire du saut d’obstacles.

Une première manche pas palpipante

Alors que le chef de piste brésilien Guilherme Jorge nous avait habitué à des parcours difficiles depuis dimanche, on peut dire que la première manche aujourd’hui déroge à la règle. En effet, treize couples ont réussi à signer le sans faute. Pourtant, après le parcours à huit points du belge Jérome Guery parti en ouvreur avec son Grand Cru van de Rozenberg, on aurait pu penser que peu de cavaliers allaient trouver la clé du sans faute. Véritables juges de paix de ce parcours, le triple oxer-oxer-vertical avec une sortie à la distance très courte, ainsi que le dernier obstacle culminant à 1m62 qui concluait une ligne bien compliquée, en ont surpris plus d’un. Parmi eux, la portugaise Luciana Diniz et son exceptionnelle Fit For Fun se sont jouées du tour mais laissaient tomber le dernier vertical, tout comme Tiffany Foster qui montait un Tripple X III qu’on n’avait jamais vu aussi bon que cette semaine, ou encore Ali Yousef Al Rumaihi et Gunder ainsi que Maikel van der Vleuten associé à son infatigable Verdi. En plus de faire tomber le dernier, Bassem Hassan Mohammed faisait également tomber la sortie du triple en selle sur Dejavu, tout comme Pedro Veniss et Quabri de l’Isle malgré les encouragements de leur public. Même sort pour Romain Duguet avec une Quorida de Treho à la peine sur les combinaisons aujourd’hui puisqu’elle mettait également à terre l’entrée du double, avant de fauter à l’oxer n°10. Il n’aura pas réussi à imiter ses deux compatriotes suisses, le jeune Martin Fuchs et l’expérimenté tenant du titre Steve Guerdat, sans faute, respectivement associés à Clooney et Nino des Buissonnets. Dommage pour Janika Sprunger qui aurait pu une nouvelle fois montrer toute la qualité de sa jument Bonne Chance CW, mais que le chef d’équipe Andy Kistler a préféré écarter de la finale (seuls trois cavaliers par nation pouvaient revenir aujourd’hui, la Suisse ayant qualifié tous ses cavaliers avec neuf points). A noter également la faute en sortie de triple de McLain Ward et Azur, que beaucoup avaient donné favoris pour l’or. Déception également pour sa compatriote américaine, la jeune Lucy Davis qui n’est pas apparue dans le coup avec Barron, et qui sortent de piste avec douze points. Malgré ça, d’autres ont réussi à tirer leur épingle du jeu en signant de magnifiques sans faute, à l’instar de Nick Skelton auteur d’un parcours d’école associé à Big Star, qui apparait aussi exceptionnel qu’à domicile il y a quatre ans à Londres, ou encore du suédois Peder Fredricson qui signe un sans faute millimétré avec son fantastique All In. Beau sans faute également pour Christian Ahlmann et Taloubet Z pour lequel aucun parcours ne semble trop compliqué. Sergio Alvarez Moya apparait également dans une forme olympique et conduit son expérimenté Carlo au sans faute. L’espagnol est de suite imité par le Sheikh Ali Al Thani qui montre une nouvelle fois cette semaine qu’il fait parti des meilleurs avec le fantastique First Division. D’autres couples également sans faute ont néanmoins montré moins d’éclat, à l’image du multimédaillé cavalier néerlandais Jeroen Dubbeldam en selle sur Zenith, ou encore l’américain Kent Farrington associé à Voyeur. Du côté des français, si Kevin Staut faisait tomber le numéro six avec Rêveur de Hurtebise, Philippe Rozier fautait quant à lui une nouvelle fois sur la rivière. Rahotep de Toscane n’a pas encore fait tomber une seule barre de la semaine. Il aura fallu attendre le dernier tricolore à s’élancer, Roger-Yves Bost, qui signe un parcours acrobatique associé à Sydney Une Prince, pour voir un sans faute français. Fin de Jeux décevante en revanche pour l’amazone allemande Meredith Michaels Beerbaum, qui préfère abandonner après une grosse faute sur le numéro un associée à son désormais fidèle Fibonacci. Edwina Tops-Alexander et Lintea Tequila, Daniel Deusser et First Class ainsi qu’Eric Lamaze et sa bondissante Fine Lady font également parti des couples sans faute. Tous les sans faute et les parcours à quatre points sont qualifiés pour la seconde manche, ainsi que les deux cavaliers pénalisés par le temps dans cette première manche : l’argentin Matias Albarracin et le formidable Cannavaro 9 ainsi que l’ukrainien Rene Tebbel en selle sur Zipper. Ils sont donc vingt-sept à repartir.

Un double juge de paix

La deuxième manche s’annonçait plus compliquée que la première, bien que le parcours ait été réduit à dix obstacles. Le double spa-vertical faisait figure de juge de paix tant il était subtil. Partie en numéro un, Luciana Diniz et sa fille de For Pleasure démarre cette seconde manche en trombe et signait le parcours sans faute. Avec de telles ouvreuses et malgré un score vierge, on pouvait vite se rendre compte que le parcours n’était pas une promenade de santé puisqu’on y voyait tout de même la Portugaise encourager fort de la voix sa bondissante Fit For Fun. Et en effet, les cavaliers suivants s’enchaînaient et aucun n’arrivait à sortir un parcours vierge de toute pénalité. Certains chevaux apparaissaient émoussés après cette semaine de compétition comme Tic Tac et Yajamila qui laissaient trois barres à terre respectivement associés à Ben Maher et Henrik von Eckermann, ou encore Tripple X III qui lui sortait de piste avec seize points associé à Tiffany Foster. Pour les français qualifiés en seconde manche, Philippe Rozier laissait les obstacles numéros 2 et 8 à terre alors que Kevin Staut ne pouvait empêcher deux fautes dans le double. Sydney Une Prince fautait également dans une combinaison, le triple, mais avec un point de temps dépassé Roger-Yves Bost n’aurait de toute façon pas accédé au barrage. La fusée française n’est pas la seule à ne pas être rentrée dans le temps, puisque Jeroen Dubbeldam et Zenith, Pedro Veniss et son Selle Français Quabri de l’Isle, Ali Yousef Al Rumaihi et Gunder ainsi que Matias Albarracin et Cannavaro 9 sortaient tous de piste avec un sans faute aux obstacles mais un point de temps dépassé. Alors qu’il faisait également figure de favori, Christian Ahlmann faisait tomber la sortie du double en selle sur son fils de Galoubet A, Taloubet Z. Le double aura donc été décisif, privant également l’australienne Edwina Tops-Alexander de barrage puisque sa jument laissait l’entrée à terre. Six couples au total signaient le double sans faute : Nick Skelton et Big Star, Steve Guerdat et Nino des Buissonnets, Sheikh Ali Al Thani avec First Division, Kent Farrington et Voyeur, Peder Fredricson et All In, ainsi qu’Eric Lamaze et Fine Lady.

Six couples pour trois médailles

Premier à s’élancer, Nick Skelton déroule une nouvelle fois une partition parfaite avec son fils de Quick Star qui était bien à son affaire, et sort de piste sans faute avec un chronomètre de référence : 42.82 secondes. Derrière, ce ne sont pas moins que les champions olympiques en titre qui s’élancent. Malheureusement, Steve Guerdat et Nino des Buissonnets fautent sur le numéro un, mais serrent les courbes pour terminer quelques centièmes de seconde derrière le britannique (43.08 secondes). Le qatari Sheikh Ali Al Thani prend le départ de ce barrage déterminé avec son respectueux First Division mais le fils d’Andiamo fait tomber le bidet ainsi que le dernier obstacle. Même score pour Kent Farrington et son rapide Voyeur qui était un peu émoussé et renverse le premier et le dernier obstacle du barrage. Entre alors en piste le suédois Peder Fredricson, impressionnant de maîtrise tout au long de cette olympiade en selle sur son petit mais puissant All In, il sort à nouveau sans faute en 43.35 secondes, synonyme de médaille olympique. C’est alors que s’élance le dernier barragiste et pas des moindres, puisqu’il s’agit du Champion Olympique de Pékin en 2008, Eric Lamaze, cette fois-ci associé à l’aérienne Fine Lady. Malgré un chronomètre plus rapide que le britannique, le canadien fait tomber l’avant-dernier mais s’empare tout de même de la médaille de bronze. C’est donc une médaille d’argent pour le suédois, méritée quand on repense à ses parcours pleins de sérénité qui lui ont permis de se qualifier pour la finale. Nick Skelton, lui, se pare d’or, aidé par son fabuleux Big Star, quatre ans après Londres où ils étaient sacrés Champions Olympique par équipes. Un destin improbable pour ces deux athlètes abîmés par les accidents de la vie, et que beaucoup avaient enterré suite aux blessures à répétition de l’étalon en début d’année. La leçon à retenir de ces Jeux Olympiques sera définitivement la persévérance !

Classement complet

Photo © FEI / Images’Inn photographies

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