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« Je vais tout faire pour continuer sur cette lancée » Guillaume Foutrier

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Cette semaine, Dans la Foulée est parti à la rencontre de Guillaume Foutrier. Ce cavalier français a récemment fait parler de lui lors du Grand Prix Coupe du Monde de Lyon où il se classait septième avec un cheval qu’il a lui même formé : Valdocco des Caps. 
Installé au Haras de Lannay à Mouchin (près de Lille), le nordiste, discret mais talentueux, revient – non sans émotion – sur son incroyable performance, se livre sur ses objectifs et nous parle plus en détails de son piquet de chevaux.

Comment avez-vous préparé vos chevaux au CSI5* d’Equita Lyon ? 

J’ai fait au mieux pour adapter quelques semaines auparavant mon programme de concours.
Je suis allé à Moorsele en Belgique pour préparer mes chevaux à l’indoor sur un CSI1*/2*. Ensuite je les ai laissé souffler à la maison deux semaines, puis nous avons participé au CSI3* de Montpellier pour enfin finir sur Equita Lyon. Je souhaitais qu’il y ait une progression sur trois concours.

Lors de la reconnaissance du Grand Prix Coupe du Monde, qu’avez-vous pensé du parcours imaginé par Gregory Bodo ?

Pour être honnête, c’est un niveau de concours que je ne connais pas beaucoup. Ce n’était que mon troisième CSI5* de l’année !
Mais aujourd’hui j’ai la chance d’avoir un cheval (Valdocco des Caps) qui maîtrise très bien la hauteur. Donc lorsque j’ai reconnu le parcours, je savais que ce qui allait être déterminant serait la technique, et que c’est grâce à cela que l’on pourrait sortir sans faute.

A ce moment là, pensiez-vous qu’un sans faute serait envisageable ? 

Je savais que pour être sans-faute il fallait avoir un certain type d’équitation et respecter toutes les contraintes techniques.
Je me suis donc concentré sur cet aspect plus que sur le résultat final, même si on n’est jamais à l’abri d’un malencontreux 4 points mais c’est la loi du sport !

Vous êtes le treizième couple (sur quarante) à vous élancer lors du premier tour, comment votre cheval s’est-il comporté ?

Valdocco des Caps s’est très bien comporté en piste ! Il a sauté avec beaucoup de qualité du début à la fin, malgré un tour assez long.
J’ai depuis tiré des leçons de ce parcours et je pense que notre couple doit continuer à travailler sur la disponibilité et la confiance afin de progresser.

IMG_1413Valdocco des Caps à Lyon

Avez-vous fait tout ce que vous aviez convenu lors de la reconnaissance ? 

Plutôt oui ! Même si lorsque l’on est en piste il y a toujours des imprévus… mais je pense que nous avons respecté l’ensemble des contraintes du parcours et d’être sans faute nous l’a prouvé !

Lorsque vous passez la ligne d’arrivée sans pénalité, dans quel était d’esprit êtes-vous ? 

Je suis très heureux ! Je me rends compte à ce moment là que c’est le résultat de tout un travail accompli et d’un programme respecté.
Encore aujourd’hui, je suis ravi de ma septième place et d’avoir pu être double sans-faute dans un Grand Prix Coupe du Monde comme celui d’Equita Longines Lyon, mais je ne m’arrête pas là et me dis qu’il faut continuer en ce sens sur d’autres échéances.

A quelques minutes de rentrer en piste pour le barrage, quels ont été les derniers conseils de Philippe Guerdat ? 

Philippe m’a dit de tenter, d’avancer et de rester dans l’esprit du barrage. Le but était, qu’avec Valdocoo, nous prenions des risques quitte à ne pas forcément assurer le sans-faute. Donc je suis parti dans une certaine cadence, malheureusement j’ai perdu un peu de disponibilité sur l’entrée du double. Cette prise de risque m’a aidé à me re-concentrer et à rester sans-faute.
Je sais qu’il nous manque encore un peu de travail sur les demi-tours notamment, mais c’est en faisant des barrages à ce niveau que cela viendra.

Grâce à ce double sans faute, vous prenez la septième place du classement final et réalisez la deuxième meilleure performance française, derrière Kevin Staut. Que tirez-vous de cette première expérience en circuit Coupe du Monde ?

Quand on a un bon résultat c’est toujours très satisfaisant, tant pour nous que pour toutes les personnes qui nous entourent (grooms, propriétaires, sponsors, etc.). Mais j’aimerais réussir à répéter et qui plus est dans les Grands Prix. Il ne faudrait pas que ce qui nous est arrivé à Lyon ne soit qu’un coup de chance !

DSC_0018Fairness Hero Z à Paris

Quel est votre bilan de cette année 2018 ? 

2018 a été une très belle année, je profite d’avoir un piquet de chevaux qui me permet d’accéder à ce niveau de compétitions.
De plus, j’ai la chance d’avoir pu en former certains et d’avoir à mes côtés des propriétaires/amis qui me font confiance et me permettent de continuer en gardant ces cracks.

Quels sont vos objectifs en 2019 ? 

Je vais tout faire pour continuer sur cette lancée mais surtout attendre que l’année se termine car ce week-end j’étais au CSI4* de Rouen, ensuite je vais à Madrid puis à La Corogne de nouveau sur le circuit Coupe du Monde. Ces dernières échéances me permettront de faire un bilan complet des résultats de l’année et une projection sur 2019 !

Est-ce que faire partie de l’équipe de France en est un ? 

Bien sûr, j’adorerais porter la veste bleue ! Mais pour cela, je sais qu’il n’y a qu’une chose qui compte : les résultats.

Pourriez vous me parler de votre piquet de chevaux et de leur progression ? 

Actuellement, mon piquet de chevaux de tête est composé de quatre montures avec des atouts et tempéraments assez différents.

Il y a tout d’abord Tchin de la Tour, une jument très expérimentée de onze ans. Je l’ai dans mes écuries depuis 2016 et nous tournons ensemble sur des épreuves à 1m50/1m60. Je la connais très bien, ce qui me permet notamment en concours d’anticiper la plupart de ses réactions. Cette année, nous avons par exemple remporté le Trophée Longines à La Corogne.

Les trois autres ont neuf ans, donc ils sont un peu plus jeunes dans le métier, ainsi avec eux, je travaille par étape. Tous ont un très bon potentiel et je pense que je pourrai bientôt compter sur chacun d’entre eux pour les Grands-Prix.

  • Jakke : Je l’ai sorti en concours pour la première fois en mars 2017 et depuis nous sortons sur des épreuves à 1m45/1m50. C’est un hongre en phase de construction et j’espère l’amener prochainement sur de belles épreuves.
  • Fairness Hero Z  : C’est une fille de Flipper d’Elle, très respectueuse sur les barres mais qui a déjà eu deux poulains donc je lui laisse un peu plus de temps pour mûrir. J’alterne entre les Grands-Prix et les épreuves intermédiaires pour lui donner de l’expérience.
  • Valdocco des Caps : Aujourd’hui c’est lui le plus avancé des quatre malgré son jeune âge. Je suis très attaché à ce selle français que j’ai découvert et formé à 5 ans. Il est passé entre d’autres mains à 6 ans, puis à 7 ans je l’ai retrouvé ! Ses qualités sont indéniablement son tempérament et sa rapidité !

45447350_3444391962319648_9186186579373195264_nTchin de la Tour à Lyon

D’où vient votre passion pour l’équitation ?

Je ne saurais pas en expliquer la raison mais déjà très jeune j’étais attiré par l’animal.
Je ne viens pourtant pas d’une famille de cavaliers mais un jour, vers sept ans, je suis monté à cheval et disons que je n’en suis jamais descendu !

A propos de vos écuries, comment sont-elles organisées ? 

J’ai principalement des chevaux qui me sont confiés pour la valorisation. Mais je travaille également avec quelques propriétaires dont j’assure le suivi de leurs chevaux et le coaching en concours. L’enseignement fait donc partie intégrante de mon métier tout comme le commerce.

Rester à haut-niveau a un prix, comment pensez-vous pouvoir gérer cet aspect ? 

Il n’y a pas vraiment de mystère, pour rester à haut-niveau et gérer l’aspect financier, il faut impérativement se classer en concours. Il va donc falloir que je continue à avancer dans les classements pour pouvoir accéder de façon plus régulière au circuit 5*.

A moyen terme, souhaiteriez-vous continuer à évoluer à haut niveau et garder vos chevaux, ou préférez-vous continuer votre rôle de formateur ? 

J’aimerais vraiment garder mon piquet afin de continuer à évoluer sur de belles échéances !
Avec mon équipe, nous essayons de nous organiser pour continuer à investir, mais je suis conscient qu’il nous faudra forcément faire du commerce et du renouvellement pour rester à ce niveau.

Avec qui vous entraînez-vous au quotidien ? 

Pendant plus de dix ans, je me suis entraîné avec Patrick Caron. Actuellement, j’ai la chance de partager mes écuries avec un cavalier de dressage (Gilles Siauve). Cela nous permet d’échanger ce qui est très enrichissant pour le travail de mes chevaux au quotidien.

A ce jour, quelle a été votre plus belle victoire ? 

Ce n’est pas une victoire, mais le Grand Prix d’Equita’ Longines Lyon est à ce jour ma meilleure performance et la plus marquante.
Cela vient du fait que Valdocco soit un cheval que je connais très bien puisque je l’ai formé très jeune mais aussi parce que j’ai eu la chance de monter son père. Ainsi, je sais que les bons résultats que nous obtenons à ce jour sont le fruit d’un grand nombre d’années de travail et de construction, ce qui me rend d’autant plus heureux et fier aujourd’hui !

Diriez-vous que Valdocco des Caps a déjà marqué votre carrière ? 

Sans hésitation ! Même si, pour être honnête, je pense qu’en ce moment j’ai la chance d’avoir quatre très bons chevaux qui sont tous autant importants pour moi les uns que les autres !

  • Remerciements :

Je tenais à remercier tous mes sponsors qui me soutiennent : ACprint, Allspan, Alfa Jump, Devoucoux, Ego 7, eQuick, Kask, Jumpfax, Royal Horse, Or Vet, Obstacles Alu, Tucci et la Sellerie du Bois le Ville ainsi que toute mon équipe et les propriétaires qui me suivent et me permettent de réaliser ces performances !

Propos recueillis le 18 Novembre par Marine Piquet pour Dans La Foulée.

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