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« Giovani de la Pomme, c’est une star ! » Maelle Martin

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Après s’être fait remarquer en 2016 au plus haut niveau, Giovani de la Pomme pourrait bien enrichir son palmarès de performances encore plus grandes cette année. A l’aube de son début de saison 2017, intéressons-nous au fidèle compagnon de Maelle Martin, conquise par son étalon : « C’est une star ! Il a les moyens pour tout sauter, il est très respectueux, très intelligent.»

Né en 2006 au Haras de la Pomme de Geert Baertsoen, Giovani est issu du croisement entre Shindler de Muze et Narcotique de Muze II qui a connu une carrière internationale sous la selle d’Eric Lamaze.

A l’âge de cinq ans, le bai a effectué sa première compétition sous la selle de Tony Hanquiquant. Sans faute lors de la plupart de ses sorties, l’étalon a poursuivi tranquillement sa formation sous la selle du français.

Après deux années passées à concourir avec Tony Hanquinquant, Giovani a vu sa carrière basculer auprès de Maelle Martin : « C’était en 2013, il avait sept ans. Nous le voyions régulièrement en concours quand  nous étions installés à Deauville et avec Nathanael Gutierrez nous avons tout de suite eu un coup de foudre pour le cheval ! On n’avait pas les moyens de l’acheter alors on a cherché un investisseur et Nathanael a trouvé Alain Guirriec, entrepreneur dans l’immobilier en Bretagne, qui a acheté la moitié du cheval avec nous. J’ai été séduite par ses qualités intrinsèques comme sa force. On savait qu’il était fait pour sauter tous les gros parcours. Il avait ce petit truc en plus qui fait qu’on tombe amoureux d’un cheval…»

L’histoire « d’amour » entre Maelle et Giovani a donc pu commencer : « Au début il ne se laissait pas trop faire. Il a une bouche assez sensible et du coup il n’acceptait pas toujours la main. Il a fallu lui faire comprendre que ce n’était pas pour le contraindre mais plutôt pour l’aider. »

A huit ans, il fait donc ses débuts avec sa nouvelle cavalière sur la scène internationale. Les classements arrivent déjà sur le niveau 2* avec une montée en puissance tout au long de la saison. L’année suivante débute sur les chapeaux de roues avec un premier CSI 3* couronné de succès à Lummen par une sixième place dans le Grand Prix. La saison se poursuit sur une première sélection en Coupe des Nations à Lisbonne qui se solde par une troisième place dans les rangs de l’équipe de France. Gagnant en régularité au fil des mois, le couple termine l’année sur une cinquième place dans le Grand Prix 3* de Valence. L’étalon n’avait cependant pas fini de montrer l’étendue de ses capacités !

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Maelle Martin et Laurence de Bordas, copropriétaire de Giovani de la Pomme © Alexandre Lourenço / Dans la foulée

En 2016, après une remise en route sur les tournées d’Oliva et Cagnes-sur-Mer lors desquelles il enrichit encore son palmarès, Giovani mène Maelle Martin à la victoire dans le Grand Prix du Grand National de Tours-Pernay au mois de mai. Accumulant de la confiance au fil des parcours, le couple se lance sur le niveau 4* à plusieurs reprises en se montrant performant notamment à Valence où ils terminent le Grand Prix en dixième position. Quelques jours plus tard, c’est à Lausanne que Maelle et Giovani font leurs débuts en 5*, non sans réussite. D’entrée de jeu, le couple termine deuxième de l’épreuve d’ouverture et dans le Grand Prix, le sans faute n’était pas si loin, laissant présager de belles choses pour l’avenir… En indoor, les performances ne se font pas attendre avec une véritable razzia sur le CSI 3* de Saint-Lô dont Giovani ne fait qu’une bouchée en remportant l’épreuve du vendredi et le Grand Prix dominical. Des résultats qui permettent aux deux acolytes de continuer leur route en 5* à Lyon d’abord puis à Stuttgart. Réputé comme étant l’un des concours indoor les plus difficiles, ce troisième 5* pour Maelle et Giovani sera un franc succès. Face à une forte concurrence, Giovani ne touche pas une barre du week-end et termine même deuxième de l’épreuve à barrage du vendredi derrière le numéro un mondial Daniel Deusser. De quoi motiver le sélectionneur national Philippe Guerdat à envoyer le couple aux Longines Masters de Paris mais aussi sur la mythique et tant convoitée piste du CSI 5* de Genève ! L’année sportive s’y termine d’ailleurs pour Giovani qui se classe onzième d’une épreuve à 1,55m.

Maelle est bien sûr ravie de ses débuts à haut-niveau avec son étalon : « On l’espérait mais c’est tellement dur avec un cheval qu’on ne sait jamais de quoi l’avenir sera fait. En tout cas il avait tout pour le faire. On ne peut pas rêver mieux pour débuter sur les 5*. » Un cheval qui se montre en plus assez pratique même s’il a ses préférences : « Il reste assez similaire que ce soit à la maison ou en concours. En indoor il est en revanche un peu plus stressé avec l’ambiance. C’est un cheval très sensible, il a beaucoup de sang et du coup il n’aime pas trop rester enfermé. Il a toujours besoin de marcher, aller dehors…»

2L’année 2017 devrait donc permettre au couple d’écrire une nouvelle jolie page de leur histoire. La saison commencera pour Giovani ce week-end au Grand National de Royan avant de partir à Arezzo puis sur les CSIO de Lummen et La Baule en mai. Suite à ses derniers résultats, Maelle peut sereinement viser les Coupes des Nations voire même les Championnats si la chance lui est donnée.

Giovani mène également une jeune carrière de reproducteur qu’il semble apprécier. Sa cavalière avoue avec humour que son pêché mignon est : « Comme tout étalon, les petites juments assez jolies ! C’est France Etalons qui le distribue. Ses premiers produits ont maintenant six ans. Ils ont beaucoup de sang et ils ont l’air d’avoir de la force avec une très bonne bascule de dos. Les poulains sont en général assez musculeux.»

Au fil des années, Giovani s’est donc tranquillement construit le physique et le mental nécessaires pour affronter les plus gros parcours. Du haut de ses onze ans, il semble en pleine possession de ses moyens pour continuer à briller au plus haut-niveau. Du moins c’est ce qu’on lui souhaite !

Photos © Dans la foulée / Lucas Tracol – Alexandre Lourenço.

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