Saut d'obstacles

Finale Coupe du Monde : Le numéro un du monde, c’est incontestablement Steve Guerdat !

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Leader à la suite de la chasse, jeudi 4 avril, Steve Guerdat l’a encore fait. Après Las Vegas en 2015, Göteborg l’année suivante, le Suisse réitère l’exploit et vient remporter une troisième fois le circuit indoor de saut d’obstacles. Il entre encore un peu plus dans l’histoire et prouve une fois de plus le grand homme de cheval qu’il est. Avec une préparation toujours au plus juste, le Suisse s’impose en Suède en ce 7 avril aux rênes d’Alamo, préféré pour l’occasion à l’excellente Bianca. Dans un Scandinavium comble, le désormais triple vainqueur de la finale Coupe du Monde devance son meilleur ami, Martin Fuchs, et le local Peder Fredricson.

Avant d’accéder au parcours final, 13 efforts et 16 efforts se dressaient face aux 25 meilleurs cavaliers de la compétition pour une première manche déjà décisive. Les deux Américaines, Eve Jobs et Kelli Cruciotti, réalisent de nouveau deux parcours remarquables. Malheureusement pour les deux amazones, des fautes en fin de tour viennent entacher leurs performances. La seconde sort du deuxième tour avec 12 points, tandis que la fille de Steve Jobs réalise un nouveau tour prometteur,  conclu avec une seule erreur. Toutefois, cela n’enlève rien à la grande qualité que les deux jeunes cavalières ont pu démontrer au long de la semaine. Les deux Polonais qualifiés pour cette dernière journée de sport continuent d’impressionner. Tout d’abord Wojciech Wojcianiec ; associé au puissant fils de Nabab de Rêve, Naccord Melloni, le cavalier se fait piéger sur la sortie du double numéro huit en première manche. Son compatriote Jaroslaw Skrzyczynski sort lui aussi de piste avec une faute au compteur malgré un nouveau parcours impressionnant de sa jeune Chacclana.

En revanche, les choses se compliquent pour certains favoris dès le premier parcours. Henrik von Eckermann s’écroule et boucle son parcours avec trois fautes. Un score lourd, inhabituel pour Toveks Mary Lou, récente vainqueur du majeur de ’s-Hertogenbosch. Le Suédois choisit d’ailleurs de ne pas prendre le départ de la seconde manche, tout espoir de classement étant perdu. Notre dernier tricolore en lice pêche à son tour en première manche et rentre aux écuries avec un étonnant 12 points. Mais le Bordelais relève la barre en seconde manche avec son généreux anglo-arabe, Tempo de Paban, en franchissant la ligne d’arrivée avec seulement cinq points. Pour l’autre Olivier, Philippaerts, les choses n’étaient guère plus aisées en première manche. Avec sa meilleure jument, H&M Legend of Love, il effraie le public. La délicate grise s’effondre dans l’oxer 8b et est contrainte de rajouter une foulée pour sauter l’obstacle suivant : une seconde faute est inévitable. Mais c’était sans compter sur la volonté du Belge. Il revient plus motivé que jamais pour son dernier parcours et signe le premier sans faute de la seconde manche. Ses compatriotes Niels Bruynseels et François Mathy Jr accumulent de malheureuses fautes au cours des deux manches, les éloignant du haut du classement.

La plus grande déception provient sans doute de l’Espagnol Eduardo Alvarez Aznar. En tête avant cette ultime journée avec Rokfeller de Pleville Bois Margot, le cavalier ajoute douze points à son score final, après avoir fait chuter trois verticaux : les numéros cinq et dix lors du premier parcours, puis la palanque numéro six en seconde manche. Sous les cris de déception du public, l’excellent Suédois Peder Fredricson alourdit son compteur en première manche, en laissant à sous le très fautif vertical numéro dix à terre. Finalement, en cette fin de première manche, ce sont les cavaliers avec le plus de sang froid qui sont récompensés. Max Kühner et Abdel Saïd, moins sous la pression que leurs camarades signent deux parcours sans faute, tout comme Daniel Deusser et Scuderia 1918 Tobago Z, qui montrent enfin leur vraie valeur. Les deux amis suisses, Steve Guerdat et Martin Fuchs imitent leurs collègues. Il aura fallu au numéro un mondial tout son talent pour sortir Alamo de toutes les difficultés du premier tour. Après avoir effrayé le public connaisseur en touchant fortement l’oxer numéro onze, l’Helvète use de sa voix pour aider Alamo à se reculer du milieu du triple numéro douze et du dernier obstacle du parcours, un vertical de palanque. Le joli hongre noir écoute minutieusement son cavalier et évite les barres.

Steve Guerdat et Alamo, en tête de la finale Coupe du Monde avant l'ultime manche. © FEI / Christophe Tannière

Steve Guerdat et Alamo, en tête de la finale Coupe du Monde avant l’ultime manche. © FEI / Christophe Tannière

Pour l’ultime parcours de ce championnat, la pression est forte pour les cavaliers en tête. Pendant que le Kaiser Ludger Beerbaum commet une rarissime georgette sur le numéro six et préfère abandonner, tout s’écroule pour l’ex-Allemand Max Kühner. Chardonnay, époustouflant depuis le début de ce championnat, effleure les deux derniers efforts du parcours et retire tout espoir de podium à son cavalier. Mais la tête de course parvient à tenir ses nerfs. Daniel Deusser, d’abord, enchaîne avec un nouveau sans faute. L’enthousiasme se lit sur le visage du Germanique. Le poing gauche levé sous le toit du Scandanivium, Passé un début de championnat décevant, Daniel Deusser peut être satisfait de ce dernier jour de compétition. Peder Fredricson entre à son tour dans le stade survolté. Pour sa première finale Coupe du Monde, l’ex-complétiste signe un magistral sans faute et sort de piste sous une standing ovation. La pression repose désormais sur les deux Suisses. Martin Fuchs et Clooney ne font qu’une bouchée de ce dernier parcours et leur aisance semble s’accroître au fur et à mesure des parcours. Un autre Suisse lui succède sur la piste et pas des moindre puisqu’il s’agit de son ami de toujours, Steve Guerdat. Avec un maigre point d’avance, le vainqueur du Top 10 de Genève n’a pas le droit à la moindre erreur. Et il faut bien toute la précision et la lucidité de l’Helvète pour boucler ce parcours sans faute. Peut-être un peu émoussé après une semaine d’efforts, Alamo caresse les obstacles. Toutes les barres restent malgré tout dans les taquets, même cette spa numéro huit que le hongre a fortement frôlé. La dernière ligne, la plus compliquée, approche, mais Steve Guerdat ne craque pas. Il franchit l’ultime vertical et peut savourer, presque les larmes aux yeux, la nouvelle ligne qu’il vient d’ajouter à son riche palmarès. Décidément, le Suisse ne manque aucun rendez-vous. Sa gestion parfaite et ses choix mûrement réfléchis l’ont encore porté sur le toit du monde. Le numéro un mondial, c’est incontestablement lui.

Classement complet

Ph. : © FEI/Liz Gregg

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