Interviews Saut d'obstacles

Edward Levy : « Je vais vraiment essayer d’être présent et très performant cette saison »

1G6A8481-2

Pour sa première participation au Jumping de Bordeaux, le talentueux Edward Levy a accepté de s’exprimer sur ses objectifs à venir. À vingt-quatre ans seulement, le tricolore devient de plus en plus présent au plus haut niveau et s’impose comme la future star du jumping français.

Edward, c’est votre première venue ici à Bordeaux. Comment vivez-vous ce concours à l’ambiance si particulière ?

Le concours est vraiment super. C’est un grand salon avec une belle ambiance, on sent une bonne atmosphère et, pour nous, cavaliers français, c’est très motivant.

Aussi talentueux que souriant, Edward Levy s'est volontiers prêté au jeu de l'interview au Jumping de Bordeaux ! © Mélina Massias / Dans La Foulée

Aussi talentueux que souriant, Edward Levy s’est volontiers prêté au jeu de l’interview au Jumping de Bordeaux ! © Mélina Massias / Dans La Foulée

Vous avez repris les concours fin janvier à Nantes, puis à Opglabbeek. Comment sentez-vous vos chevaux en ce début de saison ?

Mes chevaux sont en forme. J’ai arrêté la compétition pendant un mois, voire un mois et demi, il y a donc un petit temps d’adaptation ; c’est pour ça que j’ai repris par deux concours 2*, pour remettre mes chevaux en route. Sirius a bien sauté hier, Absolute également. Mes autres chevaux, qui sont prévus pour les autres concours, ont l’air d’être en forme aussi.

Sur quels chevaux comptez-vous pour cette saison ?

J’ai la chance d’avoir un piquet vraiment fourni. Il y a Sirius Black, Rebeca LS, Drag du Buisson Z, Starlette de la Roque, Cornet’s Velvet et Divine de la Roque, qui sont tous des chevaux d’âge, mûrs pour pouvoir sauter des belles épreuves. J’ai également quelques bons 7 ans, qui sont en formation, et d’autres chevaux un peu plus jeunes. Je vais essayer d’organiser ma saison entre des concours de haut niveau et des concours pour former mes jeunes chevaux.  

À Deauville, en décembre dernier, vous vous imposiez avec Gabbiano, un cheval de 14 ans qui était précédemment sous la selle de l’Ukrainien Ulrich Kirchoff. Comptez-vous sur ce cheval pour cette nouvelle saison ?

Gabbiano a été vendu récemment, donc il ne fait plus partie de mon piquet. C’est un super cheval, extrêmement respectueux. C’était le projet, je ne suis pas surpris (par sa vente, ndlr). Le cheval est arrivé à maturité en gagnant un bon Grand Prix en fin d’année, donc c’était la suite logique des choses. C’est aussi mon métier, il faut l’accepter.  

Du côté de vos jeunes chevaux, sur qui fondez-vous le plus d’espoir ?

J’ai un cheval qui s’appelle Choco du Reverdy et qui appartient à Éric Levallois.  C’est un cheval par Cacao Courcelle et Quidam de Revel qui saute vraiment bien, avec de beaux moyens et un beau rayon. J’ai également une toute nouvelle jument qui s’appelle Chiquita d’Or et en qui je crois beaucoup. C’est une petite jument, avec beaucoup d’énergie, et un gros coup de jarret. Avec ces chevaux-là, il est toujours difficile de savoir exactement ce qu’ils vont sauter, mais je la sens vraiment guerrière. J’ai également d’autres chevaux de commerce et maintenant un piquet avec des chevaux d’âge, qui sont assez mûrs, et avec lesquels j’ai pu faire une saison quasiment entière l’année dernière. Par conséquent, je les connais bien.

Absolute du Mio, 8ème de l'épreuve d'ouverture du Jumping de Bordeaux 2019. © Mélina Massias / Dans La Foulée

Absolute du Mio, 8ème de l’épreuve d’ouverture du Jumping de Bordeaux 2019. © Mélina Massias / Dans La Foulée

Je crois aussi beaucoup en Absolute du Mio, qui a une histoire quelque peu atypique. On l’a rencontré un peu par hasard, grâce à Simon Lorrain. Il était monté par Lucas Fournier auparavant. À mon avis, c’est un cheval qui va sauter des grosses épreuves plus tard. Il a besoin de s’endurcir, il reste encore un peu tendre. Par exemple, ici, c’est son premier concours dans un hall, avec des stands, du public, etc. Même s’il est huitième hier, il était un peu ému. Mais je pense que lorsqu’il sera à maturité, ce sera un cheval qui sautera des Grands Prix et viendra épauler mes autres chevaux.

Pour cette nouvelle saison, et après déjà plus de deux saisons au plus haut niveau, quels sont vos objectifs ?

J’ai toujours pour rêve les grandes Coupes des Nations. J’espère que mes chevaux seront en forme et que je serai appelé par le sélectionneur. Et bien sûr performer à haut niveau, être régulier, maintenir mes chevaux en forme. Aujourd’hui, j’ai la chance d’avoir plusieurs chevaux, donc j’espère vraiment être présent dans le circuit du haut niveau et voir avancer mes chevaux en formation.

Avec un piquet bien rempli comme le vôtre, on imagine que c’est plus facile d’organiser sa saison de concours. Comment planifiez-vous vos déplacements en concours ?

Bien sûr. Plus on a de chevaux et plus il est simple de faire un programme fourni, en respectant leur forme, autant physique que mentale. Pour s’organiser et essayer d’avoir le programme le plus adapté à chaque cheval, il faut bien les connaitre, savoir dans quels types de concours ils se sentent le mieux. Certains sont plus à l’aise sur des grandes pistes en herbe, et d’autres sont plus à l’aise sur des petites carrières où ils s’expriment très bien. J’ai la chance d’avoir des chevaux qui peuvent aller partout. Ils ont maintenant une bonne expérience et peuvent jongler sur plusieurs profils de concours. Donc je vais vraiment essayer d’être présent et très performant cette saison.

Egalement présent à Lyon fin 2018, Edward Levy s'était imposé avec la toute bonne Rebacca LS. © Mélina Massias / Dans La Foulée

Egalement présent à Lyon fin 2018, Edward Levy s’était imposé avec la toute bonne Rebacca LS. © Mélina Massias / Dans La Foulée

En tant que jeune cavalier, comment voyez-vous le système des paycards, notamment pour les étapes du Global Champions Tour ? Pensez-vous que ce système peut pénaliser des jeunes talents qui n’ont pas forcément les moyens de financer de tels concours ?

Cela fait maintenant deux ans que je côtoie les concours de haut niveau, avec une présence de plus en plus régulière, mais cela reste quand même difficile pour moi d’émettre un avis vraiment fondé. Je ne suis pas réellement au centre de ces systèmes. Je pense que, comme dans tout, les excès sont mauvais. Si le concours hippique ne devient que ça, oui, ça tue le sport, mais dans un sens, peut-être qu’on a aussi besoin de garder une petite partie de ce système pour augmenter les sponsors et augmenter l’intérêt du public pour les concours. Si aujourd’hui les cavaliers de haut niveau peuvent bien vivre de leur sport, c’est aussi un petit peu grâce à ça. Donc je pense que c’est une question de dosage : il ne faut pas partir dans l’excès au risque de vraiment tuer la crédibilité du sport. En revanche, peut-être que dans un sens ça apporte aussi de bonnes choses, en visibilité notamment. Donc je pense que c’est une chose à conserver.

Absolute du Mio pour son premier gros concours indoor. © Mélina Massias / Dans La Foulée

Absolute du Mio pour son premier gros concours indoor. © Mélina Massias / Dans La Foulée

Enfin, quel cavalier admirez-vous le plus et quel cheval rêveriez-vous de monter ?

Beaucoup de cavaliers m’inspirent ! Je regarde énormément de grands cavaliers. L’Allemand Marcus Ehning, par exemple, m’inspire évidemment. Sa connexion, sa légèreté, tout ceci m’impressionne. C’est un cavalier qui fait un avec ses chevaux, quel que soit celui qu’il monte. J’ai aussi toujours été un grand fan de Patrice Delaveau, Kévin Staut, Pénélope Leprevost, qui sont nos idoles et nos icônes. Aujourd’hui, pour moi, faire des concours avec eux, c’est juste super !
Et un cheval qui me donnerait vraiment envie, c’est DSP Alice, la jument de la championne du monde, Simone Blum. Ça c’est vraiment une crack !

 

Propos recueillis par Mélina Massias

Vous aimerez peut-être