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CSIO 4*-W Rabat : Les impressions des chefs d’équipe et cavaliers avant la Coupe des nations

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Ce dimanche se tiendra la Coupe des nations du CSIO 4*-W de Rabat, dans laquelle quatorze nations seront au départ. L’enjeu sera double pour les six équipes du groupe Afrique et Moyen-Orient, c’est-à-dire le Maroc, l’Arabie Saoudite, l’Egypte, le Qatar, la Jordanie et les Emirats Arabes Unis, qui tenteront de décrocher l’un des deux tickets mis en jeu pour les Jeux olympiques de Tokyo.

En attendant cette épreuve, les chefs d’équipe Thierry Pomel pour la France, Andy Kistler pour la Suisse, Marcel Delestre pour le Maroc ainsi que les cavaliers Ghali Boukaa et Roger-Yves Bost, présent en tant que coach pour la cavalière Dalma Malhas ce week-end, nous ont livré leurs premières impressions.

« Ces cavaliers ne sont pas loin de l’équipe première », Thierry Pomel

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La Coupe des nations est dimanche, que pensez vous de ce format au Maroc ?

Cette équipe de France, ce sont des cavaliers qui sont là pour se former et prendre de l’expérience. Ils ne sont pas loin de l’équipe première et c’est à travers ces compétitions là, qui sont finalement très relevées, qu’il peuvent acquérir ce qui est nécessaire pour participer individuellement aux épreuves premières, qui sont la Baule, Saint Gall, Rome, etc. C’est vraiment pour prendre du métier.

Quels cavaliers avez vous sélectionnés ?

On aura Pierre Alain Mortier (en selle sur Just Do It R, ndlr), Tony Cadet (Tolede de Mescam), Emeric George (Chopin des Hayettes) et pour finir Olivier Perreau (GL Events Venizia d’Aiguilly). Tony Cadet est un peu plus âgé, mais les autres ont tous moins de 30 ans, ils prennent beaucoup d’expérience sur ce genre de compétition.

C’est donc une bonne opportunité pour eux de venir à la Coupe des nations de Rabat.

Oui, de plus c’est la première que je viens, le CSIO de Rabat est vraiment formidable au niveau de l’organisation, c’est magnifique, c’est digne d’une grande grande compétition. C’est encore mieux parce que non seulement on peut faire progresser des cavaliers, et en même temps on voit ce que c’est que du très beau sport.

Il y a eu hier le tirage au sort pour la Coupe des nations, il a été plus que favorable non ?

Bien évidemment c’est toujours mieux quand on passe le plus tard possible, en l’occurrence nous partons avec le numéro 14 sur 14, ça ne peut pas être plus agréable ! Ça donne surtout du confort au cavalier qui part en premier de l’équipe, parce qu’il a à ce moment là tous les repères de chronomètre, de distances… Là au moins, il sait ce qu’il a à faire en entrant sur la piste, on peut lui donner tous les renseignements.

« Les Jeux africains nous ont mis très en confiance », Marcel Delestre

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Marcel Delestre, comment se présente cette Coupe des nations pour le Maroc ?

Ça se présente assez bien, mais vous savez ce que c’est, c’est une Coupe des nations, c’est du sport. Je ne dis pas qu’on est confiants, mais on espère quand même une qualification pour les Jeux olympiques.

Pouvez-vous nous dire qui est sélectionné ?

Dimanche en numéro 1 partira Abdelkebir Ouaddar (Istanbull v.h Ooievaarshof), en numéro 2 Abdeslam Bennani Smires (Saphir des Chayottes), en numéro 3 Ali Al Ahrach (Usa de Riverland) et en numéro 4 El Ghali Boukaa (Ugolino du Clos).

Concernant le tirage au sort pour l’ordre de passage, le tirage a été plutôt favorable.

Oui nous sommes onzièmes (sur 14) c’est une bonne place, tous nos adversaires sont devant nous exceptée l’Egypte, qui est douzième à passer.

De plus vous jouez à domicile et vous avez obtenu de bons résultats ici même aux Jeux africains, les cavaliers doivent être en confiance.

Je pense que les Jeux africains nous ont mis très en confiance, on ne pouvait pas faire mieux (le Maroc a remporté quatre des six médailles, ndlr) les cavaliers étaient très motivés, ils ont monté vraiment à la perfection. Contrairement à d’autres épreuves continentales comme les championnats d’Europe ou les Jeux panaméricains, les Jeux africains ne permettent pas de se qualifier pour les Jeux olympiques, c’est quand même une petite lacune de la part de la Fédération équestre internationale.

Il s’agit donc de la dernière cartouche pour se qualifier pour les Jeux olympiques.

Oui nous n’en avons qu’une, c’est celle là.

« Nos cavaliers sont très motivés », Andy Kistler

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La Suisse va-t-elle obtenir sa troisième victoire consécutive dimanche ?

Nous allons faire le maximum mais tout peut arriver. Nous avons de très bons cavaliers qui sont très motivés et de très bons chevaux, mais la compétition va être rude parce qu’il y a en plus une qualification pour les Jeux olympiques. Il y a également d’autres bonnes équipes européennes, ainsi que le Canada et le Brésil.

En effet, 14 équipes participent à cette Coupe des nations. Vous nous aviez indiqué que cette épreuve est l’une des rares à ne pas être dans le cadre d’un CSIO 5*, et c’est donc plutôt propice aux jeunes cavaliers.

Absolument, je suis toujours très heureux d’être invité ici et les cavaliers aiment beaucoup venir, c’est une réelle opportunité pour eux de participer à une Coupe des nations, qui n’est pas une compétition comme les autres. C’est une épreuve par équipes qui peut leur apprendre beaucoup.

Pouvez-vous nous donner la composition de votre équipe ?

Elian Beauman, qui a participé l’année dernière, sera le premier à s’élancer (avec Campari Z), suivi d’Anthony Bourcard (Tum Play du Jouas), ensuite Marc Röthlisberger (Agatha D Ecaussinnes) et enfin le plus expérimenté Alain Jufer (Cornet MM), vainqueur il y a deux ans.

« Tous les voyants sont au vert », Ghali Boukaa

72294280_2470970949839108_975949657802801152_nLe cavalier marocain El Ghali Boukaa, fraîchement médaillé d’or en individuel et par équipes aux derniers Jeux africains, s’élancera comme quatrième cavalier pour son pays dans la Coupe des nations, afin d’aller chercher une des deux places qualificatives pour les Jeux olympiques de Tokyo.

Ghali Boukaa, vous êtes double champion d’Afrique, individuel et par équipe, demain vous jouez la qualification pour les Jeux olympiques de Tokyo avec le Maroc, dans quel état d’esprit êtes vous ?

Franchement on se sent bien, on s’est préparé déjà depuis pas mal de temps, tous les voyants sont au vert donc on va croiser les doigts. On va essayer de bien monter et normalement ça devrait suivre, nous allons tout faire pour en tous cas.

Le fait d’être à domicile et d’avoir fait le carton plein aux Jeux africains, est-ce que c’est un plus au niveau de la confiance ?

C’est à double tranchant je vais dire, ça peut mettre en confiance comme ça peut être le contraire. On est chez nous, on est dans l’obligation de satisfaire notre public, notre président de la fédération, tout le monde qui est ici. Ce n’est pas aussi facile qu’on ne le pense, parce que quand nous sommes en Europe il n’y a que nous, quand on gagne une épreuve c’est entre nous, ici il y a tout le public qui est derrière nous et qui vient pour nous supporter.

Parmi vos adversaires pour la qualification, quels sont les plus menaçants ?

Tout le monde, parce qu’il ne faut jamais sous estimer une équipe, mais il y a le Qatar, l’Egypte et les Emirats Arabes Unis qui sont assez forts. Mais tout le monde a sa place ici, que le meilleur gagne !

Hier il y a eu le tirage au sort, a-t-il été favorable ?

Oui, très favorable, on passe en 11, parmi les derniers, il y a quand même l’Egypte qui passe derrière nous, mais nous aurons le temps de voir passer beaucoup d’équipes avant nous, c’est un petit avantage de voir ce qu’ils font et nous allons essayer de faire mieux.

« Les infrastructures sont magnifiques », Roger-Yves Bost

C’est la deuxième fois que vous venez au Maroc, vous étiez à Tétouan et vous êtes présent cette fois-ci à Rabat pour coacher une cavalière d’Arabie Saoudite, Dalma Malhas. Comment trouvez-vous le Maroc ?

J’étais venu il y a très longtemps en vacances, mais il est vrai qu’ici les infrastructures sont magnifiques. Ici c’est énorme, la piste est grande et c’est vraiment bien pour les chevaux, je suis impressionné.

Avant de venir à Tétouan, aviez-vous entendu parler du Morocco Royal Tour ?

Tous les ans, les organisateurs veulent que j’y participe avec mes chevaux, mais je n’ai pas encore passé ce cap là parce que j’ai beaucoup de concours en Europe. Mais c’est vrai qu’en étant là, ça donne envie de monter. On va y arriver, je pense.

Concernant la Coupe des Nations que pensez-vous de l’équipe d’Arabie Saoudite ?

Ils ont une bonne équipe, qui doit se qualifier pour les Jeux olympiques l’année prochaine. On va essayer de les aider un peu. Ici je ne m’occupe que de Dalma (Malhas, ndlr). Son cheval Toscanini Malpic fait 4 points dans le Grand Prix, c’était son premier depuis longtemps à ce niveau là. Il y a aussi Abdullah Al Sharbatly qui est performant, ainsi que Khaled Abdulrahman Almobty et Abdulrahman Alrajhi qui sont moins expérimentés, mais qui sont tous bien motivés donc on va essayer !

Et soyons un peu chauvins, que pensez-vous de l’équipe de France ?

Il y a souvent de jeunes cavaliers en équipe de France ici, avec cette fois Simon Delestre qui est là en plus. Ils ont quand même une chance de gagner, ce sont des cavaliers qui montent tous très bien, mais il y a aussi de bonnes équipes arabes, les Suisses qui gagnent souvent ici, le Canada… Il y a quatorze équipes en tout.

Propos recueillis à Rabat par Jean-Christophe Bordas. 

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