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« Corée me fait vraiment penser à Corradina ! » Gregory Wathelet

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Fille de Cornet Obolensky, Corée a sans doute hérité de son père ses grandes qualités sur les barres associées à un caractère délicat. Devant être apprivoisée par ses cavaliers successifs, la grise a su être préservée au fil des années pour, à dix ans, éclore petit à petit au plus haut niveau. Retour sur le cheminement qui l’a mené au plus haut niveau…

Née en Allemagne, la Westphalienne a été repérée dès son plus jeune âge par le Haras de Hus qui en a fait l’acquisition. C’est alors Mathieu Lambert, l’un des cavaliers du Haras à ce moment-là, qui en a pris les commandes : « Je l’ai récupérée en sortie de débourrage avec Sebastien Jaulin, l’éthologue du Haras de Hus. C’était une jument super facile au travail, toujours de bonne humeur, avec l’envie de travailler. » Il nous raconte d’ailleurs son premier concours avec elle qui s’est avéré assez spécial pour lui. « C’était le premier parcours que je faisais sous les couleurs du Haras de Hus. Je venais d’arriver, c’était au Mans et dans la première épreuve, la plus petite, j’avais Corée et Quel Homme de Hus. C’était assez rigolo parce que tout le monde me regardait un peu arriver comme j’étais nouveau et que les deux chevaux que je montais sortaient un peu de l’ordinaire. Ça avait surpris pas mal de monde et moi le premier. Donc je me souviens vraiment du premier parcours.« 

Le français ne tarde pas à tomber sous le charme de cette petite fille de Liberty Life. « C’était une jument sympa, vraiment super et forcément quand on monte des chevaux de cette qualité là ça crée des liens supplémentaires. C’est des chevaux qu’on n’a pas forcément envie de quitter, après c’est la vie qui continue. » Dès ses premiers parcours, Corée fait donc sensation et semble être pétrie de qualités. « On ne lui trouvait pas de défaut, à 5/6 ans elle avait le sens de l’obstacle avec une bonne tête, elle était facile. C’était une jument qui était en revanche assez grande donc assez rigide au début. Il y a beaucoup de travail d’assouplissement qui a dû être réalisé dans la base du dressage, c’est ce qu’on a fait quand on travaillait sur le plat avec Jessica Michel et Gilles Botton. Malgré sa taille et sa rigidité elle sait se servir de son corps vraiment parfaitement, elle se connaît par cœur. Les capacités, elle les avait, mais pour atteindre le haut niveau c’est un chemin qui reste assez long. Il fallait qu’elle ait ce qu’elle a eu aujourd’hui c’est-à-dire un bon parcours et croiser les bonnes personnes au bon moment. »

Corée à sept ans sous la selle de Gilles Botton

Gilles Botton a ensuite poursuivi le travail sur cette prometteuse jument fin 2012 alors qu’elle allait entrer dans son année de sept ans. Sa formation sur le circuit jeunes chevaux a été exemplaire avec un total impressionnant de vingt-et-un sans fautes sur trente-et-un tours effectués lors de ses jeunes années. Mathieu Lambert garde cependant toujours un lien indirect avec la fille de Cornet Obolensky. « J’ai eu la chance d’acheter l’une de ses filles quand je travaillais pour le Haras de Hus. Il y a eu un poulinage un soir, c’était une fille de Corée et de Ferron qui fait aujourd’hui des Grand Prix avec Candice King. Je l’ai regardée un petit peu grandir et je l’ai achetée au sevrage avec ma mère. C’est une pouliche que j’ai gardée et qui a aujourd’hui cinq ans. Elle s’appelle Firenze de Hus Z et est grise, comme sa mère ! C’est un petit truc en plus d’avoir monté les parents et de voir les deux évoluer aujourd’hui à haut-niveau. Elle montre vraiment de grosses qualités aussi, elle est plus petite mais elle ressemble vraiment à sa mère. Après est-ce qu’elle aura la même issue, je l’espère et je lui souhaite mais elle est encore jeune et on prend le temps de la former. Mais du coup, je suis encore plus la carrière de Corée sachant que j’ai sa fille. »

La carrière de Corée a justement pris une autre dimension lorsque la grise a été repérée par Gregory Wathelet : « Je l’ai récupérée au milieu de son année de huit ans. Je l’avais déjà essayée au Sunshine Tour quand elle avait sept ans et j’avais senti qu’elle avait d’énormes qualités mais elle était très raide, c’était une planche de bois. Elle était sensible, délicate, avec beaucoup de qualités mais pour le reste il fallait tout faire. Elle n’a pas beaucoup tourné quand elle était jeune donc Gilles Botton lui a donné un peu d’expérience dans des épreuves autour d’1m30. Ce qui est bien c’est qu’elle a une super tête donc en piste on savait qu’elle ne se ferait pas peur mais physiquement, on savait qu’elle n’était pas encore prête pour faire des épreuves plus importantes. »

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Gregory Wathelet au paddock avec Corée à Dinard © Maria Guinamant / Dans la foulée

Le maître mot a donc été la patience pour cette monture en devenir. « On a voulu la construire un peu plus tranquillement au début de ses neuf ans, puis j’ai fait investir des propriétaires donc ça a pris un mois ou deux. Un mois après elle s’est blessée ce qui a entraîné un arrêt de trois mois derrière donc sa saison de neuf ans a été un peu loupée à cause de ça. » Une période d’arrêt qui ne lui aura cependant pas fait perdre une once de son talent. « On a vraiment recommencé en octobre dernier à Vilamoura sur de petites épreuves et depuis elle a gagné une grosse épreuve à Frankfort mi-décembre, elle a très bien fait le Grand Prix à Malines. A Oliva elle a été deuxième et troisième dans les Grands Prix 2*. » Sa remise en route s’est terminée à Vejer de la Frontera puis Valkenswaard avant d’entamer le grand bain des 5* ! Saint-Tropez, Cannes, Knokke, Aix-la-Chapelle, Dinard, Valkenswaard, Gijon… Ça y est, dans le grand sport, elle y est !

Autant de belles pistes qui ont vu Corée performer tout au long de cette saison extérieure. Plusieurs classements ont été décrochés comme une quatrième place dans le très réputé Prix de l’Europe à Aix-la-Chapelle ou encore une huitième place dans le Grand Prix 5* de Dinard. Avec dix-sept sans fautes réalisés sur vingt-cinq tours en cinq étoiles cette année, la fille de Cornet Obolensky frôle les 70% de réussite ! « Elle a vraiment envie d’être sans faute tout le temps. Elle est délicate par contre, ce n’est pas une jument pour tout le monde. Ce n’est pas une jument d’amateur, elle est sensible. Par exemple sur la détente il faut faire attention, faire des petits sauts parce que des fois elle saute justement trop haut. A la maison c’est exactement la même. Au niveau du caractère on voit que c’est une Cornet, qu’il y a du Clinton derrière tout ça. Elle a un corps qui est long, raide, elle va toujours le rester un peu. Elle me fait vraiment penser à Corradina (ancienne jument star de l’allemand Carsten Otto-Nagel, ndlr) qui avait aussi un galop un peu long derrière.« 

Nous lui souhaitons d’avoir la même carrière que cette fameuse Corradina ! Corée affrontera d’ailleurs un premier événement majeur le week-end prochain puisqu’elle fera partie de l’équipe belge à la Finale Coupe des Nations de Barcelone. Une occasion de plus pour se faire remarquer…

Photo : Gregory Wathelet & Corée à Dinard © Maria Guinamant / Dans la foulée.

 Propos recueillis par Melissa Vriends et Alexandre Lourenço.

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