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Clément Boulanger : « L’année 2017 va être très importante pour moi »

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Après plusieurs années passées à parcourir diverses écuries en quête de nouveaux savoirs, Clément Boulanger est aujourd’hui installé dans ses propres écuries au sein de la structure familiale en Normandie. A trente-et-un ans, il espère maintenant pouvoir retrouver le haut-niveau auquel il a pu goûter en 2011 et 2012 avec plusieurs participations en CSI 5*. Rencontre avec celui qui pourrait bien en surprendre plus d’un dans les prochaines années :

Brièvement, pouvez-vous rappeler comment vous avez débuté dans le milieu du cheval ?

J’ai commencé avec mes parents qui avaient un élevage en Normandie. J’ai ensuite suivi le circuit des minimes, cadets, juniors etc. tout en faisant beaucoup de stages chez différents cavaliers. Après j’ai été embauché au Haras de Hus puis au Haras de Lillebec ce qui m’a vraiment permis d’atteindre le haut-niveau en franchissant un cap dans ma progression. Je suis aussi allé chez Eric Levallois et je suis maintenant installé depuis deux ans.

Était-ce un choix d’essayer de travailler avec de nombreux cavaliers différents ?

Quand j’étais jeune mon père m’a vraiment obligé à aller chez plein de grands cavaliers : Patrice Delaveau, Florian Angot etc. Il voulait m’envoyer à droite à gauche pour que je progresse et ça a vraiment été bénéfique. Plus tard quand je suis parti de chez mes parents je voulais vraiment rejoindre mes mentors. Ma première embauche a ainsi été au Haras de Hus avec Kevin Staut. Un tremplin qui m’a notamment permis d’être repéré par le Haras de Lillebec pour qui j’ai monté pendant plusieurs années. Mon passage chez Stephan Conter en Belgique a également été très bénéfique et ce à tous les niveaux.

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A votre tour aujourd’hui vous essayez de transmettre vos connaissances ?

Je pense que c’est quelque chose que l’on aime ou pas. J’ai appris à aimer le coaching parce que finalement c’est vraiment sympa surtout quand les jeunes vous le rendent bien. Je préfère par contre sélectionner un minimum les personnes avec qui je travaille parce que d’une on ne peut pas tout faire et de deux je veux vraiment qu’elles soient dans la même optique que moi ; un très bon état d’esprit et le goût du travail.

Comment êtes-vous organisé aujourd’hui ?

J’ai récemment racheté les écuries de mes parents donc j’ai ma propre structure dans laquelle Clarance Gendron loue un barn. Je n’ai quasiment que des chevaux de sport dont quelques uns sont au travail dans le but d’être commercialisés. J’ai la chance maintenant d’avoir des gens qui veulent me suivre et qui souvent privilégient le sport à la vente. Quand je me suis installé il était compliqué de les garder parce qu’il fallait bien faire tourner la boutique donc la plupart devaient être vendus mais aujourd’hui mon optique c’est vraiment le sport et le haut niveau. Pour y arriver nous sommes obligés de passer par des passages de reconstruction de piquets de chevaux ; j’y travaille depuis maintenant trois ans et cela porte ses fruits.

Quelles sont aujourd’hui vos meilleures montures ?

J’ai Sweet Phir mon cheval de tête qui me suit depuis trois ans. Il a été repéré dans un centre équestre. Son manque de métier nous a incité à prendre le temps de le faire évoluer. Il a quand même tout de suite répondu présent et cette année notamment il a participé à de belles échéances dont quelques Coupes des Nations à l’étranger.

Ensuite, j’ai surtout des chevaux de sept ans qui prendront huit ans en 2017 et que je forme depuis un moment maintenant donc ils devraient se révéler l’année prochaine. J’ai de très bons jeunes chevaux et j’en suis ravi. Les avoir dès leur plus jeune âge est un vrai avantage parce qu’on finit par les connaitre par cœur et on les préserve. Moi mon objectif ce n’est pas du tout Fontainebleau et la finale SHF. Quand je pense qu’ils ne sont pas capables de faire du haut-niveau je les vends mais par contre ceux que je garde je les préserve pour la suite.

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Pensez-vous retrouver le haut-niveau prochainement ?

L’année 2017 va être très importante pour moi. C’est là que mes chevaux devraient devenir vraiment performant. Je vais travailler sur notre programme de concours de façon à pouvoir être compétitif sur, je l’espère, de grosses échéances en fin de saison.

Que pensez-vous de l’accessibilité aux meilleures épreuves en tant que cavalier français ?

C’est très compliqué mais Philippe Guerdat nous laisse quand même la porte ouverte. Il nous fait participer à des Coupes des Nations de seconde ligue, il nous permet d’aller sur de beaux concours comme Bourg-en-Bresse ou Valence etc. C’est assez fermé pour atteindre le très haut niveau mais par contre il nous laisse toujours une chance et si on fait nos preuves, alors on aura l’occasion d’aller plus loin.

Quel opinion avez-vous de l’évolution du sport ?

C’est de plus en plus difficile. Selon moi, il faut être beaucoup plus chef d’entreprise que cavalier finalement. L’aspect financier rentre énormément en compte, on ne peut pas le cacher donc aujourd’hui si on veut faire du haut-niveau il faut trouver vraiment des gens qui peuvent nous suivre financièrement.

Avez-vous un cheval qui vous fait rêver plus qu’un autre ?

Tous les chevaux à haut niveau bien sûr, ceux qu’on voit en 5* sont tous extraordinaires. Mais aujourd’hui même avec un bon cheval il faut vraiment savoir bien s’entourer. Si nous on veut atteindre ce niveau, il faut aussi avoir l’organisation autour qui va avec comme par exemple un bon entraîneur, une bonne équipe, un suivi administratif…

Photos : Clément Boulanger et Sweet Phir  © Dans la foulée – Lucas Tracol / Maria Guinamant.

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