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Clarance Gendron : « Je me bats pour me faire une place ! »

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A tout juste dix-neuf ans, Clarance Gendron fait partie de ces jeunes qui ont du mordant et la volonté d’atteindre leurs rêves en travaillant dur. Bien encadrée, la jeune cavalière gravit les marches qui la rapprochent année après année de son objectif : le haut niveau. A l’occasion du Grand National de Lorient nous avons rencontré cette étoile montante du saut d’obstacles français afin d’en savoir un peu plus sur son parcours, son organisation actuelle et ses objectifs pour l’avenir…

Comment avez-vous commencé à monter à cheval ?

J’ai commencé classiquement dans un poney-club puis j’ai eu mon premier cheval à douze ans et j’ai suivi des cours de dressage avec un dresseur belge qui m’a beaucoup appris. J’étais donc plutôt orientée vers le dressage au début mais j’ai ensuite acheté une autre jument avec qui je faisais un peu de saut d’obstacles à côté. Vers quinze ans, mon coach de dressage m’a demandé concrètement de choisir entre rester faire du dressage avec lui en Belgique ou alors me débrouiller pour faire du saut d’obstacles. J’ai choisi la deuxième option mais je ne faisais à l’époque que des épreuves préparatoires à 1,10m… Je me suis donc lancée là-dedans, j’ai acheté des jeunes chevaux et j’ai progressé petit à petit. J’étais au début un peu toute seule puis j’ai eu Alexandra Francart comme coach.

Et aujourd’hui, comment êtes-vous organisée ?

Je me suis installée chez Clément Boulanger en début d’année. On s’entend bien et le feeling est très bien passé entre nous dès le début. Il m’apporte beaucoup de professionnalisme, des petits détails qui font que je deviens davantage professionnelle. C’est très structuré, il coache tous les jours et sa compagne me suit un peu plus au niveau du dressage. Il me suit aussi assez souvent en concours quand on s’y retrouve ensemble. En fait, je loue un barn chez lui et j’y suis installée avec mes chevaux et mon équipe. J’ai à la fois des chevaux de commerce, des chevaux en pension et d’autres à moi.

L’avis du coach Clément Boulanger !

« Clarance a énormément de caractère et d’ambition. C’est chez elle une grande force, elle n’a peur de rien. C’est une bosseuse, c’est vraiment sa qualité première. Ensuite c’est certain qu’il faut avoir des chevaux qui conviennent aux objectifs mais en tout cas la base est là et elle a faim d’apprentissage.  C’est une très bonne chose pour moi, elle est à l’écoute de qu’on lui dit. Après est-ce qu’elle va y arriver ? C’est tout le malheur que je lui souhaite ! »

De qui se compose votre piquet de chevaux ?

Reine des Ponts est ma jument de tête. C’est celle qui me permet de faire les grosses épreuves aujourd’hui. Elle est très atypique donc elle me permet de faire de belles épreuves mais pas forcément avec un bon résultat à la clé. C’est une vraie guerrière et c’est pour ça qu’elle m’emmène sur ces barres-là. Derrière j’ai d’autres chevaux qui font partie de ceux que j’ai acheté quand j’étais plus jeune comme Tina du Danois. Elle devrait être ma future jument de 145 et prendre ainsi un peu la relève de Reine. J’ai aussi Unistar des Monts qui a beaucoup de puissance mais en étant un peu lente au sol. Elle manque encore de régularité mais elle n’a que huit ans et commence les 140 ainsi que les puissances. J’ai également Rodrigo, un gris que j’ai dans mes écuries depuis un an et demi et qui est vraiment super. Il n’est pas facile donc Clément m’a beaucoup aidé avec lui et il progresse bien. J’ai mon étalon aussi, Siryus de Bavoz, que j’ai récupéré cette année. Je ne sais pas trop encore jusqu’où il pourra aller. Je veux surtout le montrer afin de vendre des saillies derrière. Il a déjà produit beaucoup et ses poulains sont plutôt bien. Il a un mental un peu spécial donc j’ai une chance sur deux pour qu’il passe le cap sportivement. J’ai également des poulains d’un et deux ans donc je suis déjà équipée pour l’avenir. Je cherche bien sûr toujours d’autres bons jeunes chevaux tout en essayant de faire un peu de commerce.

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Clarance Gendron et Unistar des Monts au Mans © Alexandre Lourenço / Dans la foulée

Quels sont vos objectifs pour la suite ? Est-ce que vous souhaiteriez aller prendre de l’expérience ailleurs ou rester chez Clément ?

Mon objectif à long terme est d’aller au plus haut niveau et à court terme j’aimerais faire les Championnats d’Europe Jeunes Cavaliers à Fontainebleau en 2018. C’est vraiment mon objectif principal. Pour cela il faudrait que je trouve cet hiver un vrai bon cheval de 150 pour déjà commencer à préparer cette échéance.

Pour l’instant le but est de rester chez Clément et de prendre un peu d’autonomie mais dans un an voire même un peu plus je me dirigerai surement vers d’autres belles écuries.

Pensez-vous être la future Pénélope Leprévost ?

C’est ce que j’espère mais c’est l’avenir qui nous le dira. Il faut viser haut pour espérer atteindre ses objectifs mais la route est longue !

Vous n’êtes pas issue d’une famille présente dans le monde du cheval, pensez-vous que c’est un handicap ?

En effet ma famille n’est pas du tout dans le monde du cheval. Je trouve que c’est plutôt un désavantage parce qu’on n’est pas « la fille de… », on n’est pas reconnue comme la cavalière d’un éleveur ou d’un cavalier donc on n’a pas des chevaux facilement. Je pense que c’est une aide d’avoir un nom déjà connu dans le milieu mais je me bats pour me faire une place.

Que pensez-vous de l’aide qu’apporte la Fédération Française d’Equitation aux jeunes ?

Ils mettent beaucoup de choses en place donc c’est super. Là par exemple ils vont créer un Pôle Jeune. Ce n’est pas encore installé mais ça s’annonce super. Tout est bien organisé, ils ont cadré tous les meilleurs jeunes cavaliers, environ trente-trois, qui pourront intégrer ce pôle. Leur objectif est d’avoir des bons chevaux sur le circuit mais aussi des bons cavaliers qui vont avec et qui sachent aussi faire d’autres choses à côté comme prendre soin d’eux et de leur physique. Pour ma part je ne fais plus d’études, j’ai arrêté quand j’ai déménagé chez Clément par contre je continue à suivre des cours d’anglais par correspondance.

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Clarance Gendron et Unistar des Monts lors de la Puissance de Lorient © Alexandre Lourenço / Dans la foulée

Avez-vous un cavalier modèle ?

J’adore Luciana Diniz, c’est un peu ma cavalière fétiche. En France je dirais plutôt Kevin Staut. J’ai eu la chance de faire un stage avec lui et il est vraiment très au point techniquement. Ce n’est pas que du feeling, il arrive à tout expliquer sur le fonctionnement du cheval. Je l’admire, c’est un vrai travailleur.

Quel cheval choisiriez-vous parmi ceux évoluant sur le circuit international ?

Tous ! (rires). Plus sérieusement, Fit For Fun c’est vraiment ma petite chouchoute. Avec Luciana elle forme vraiment le couple parfait.

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